Des « femmalcool »

Après bientôt quarante ans d’expérience clinique de ce qu’il est convenu d’appeler « l’alcoolisme féminin », je nomme « femmalcool » certaines femmes qui ont maille à partir avec l’alcool – pas toutes donc -, et pour lesquelles la rencontre avec l’alcool révèle et les précipite dans le même mouvement dans la fracture qui existe, pour elles, entre la féminité et le féminin.

Ces « femmalcool » expliquent et font entendre, à qui les écoute, que si la féminité est de l’ordre du phallique, du fantasme masculin, de l’imaginaire auxquels elles ont parfois longtemps cherché à s’identifier en y participant, voire en en étant elles-mêmes animées, l’échec de cette féminité, de construction culturelle, et la rencontre avec l’alcool ont mis douloureusement en évidence une autre part, plus énigmatique, d’elles-mêmes, plutôt du côté du corps, du réel, du non-phallique. Une autre part qui s’avère à peu près insupportable en tant que telle et qui se trouve « tamponnée » par la prise itérative d’alcool, tout en restant quasiment indicible.

Dire cette part les engage à une psychanalyse, quelquefois couronnée de succès, car pouvant se boucler par une ouverture sur ce dire de l’indicible féminin.

À propos de Jean-Michel

Pratique la psychanalyse, à Paris, depuis fin 1976. Ancien Chercheur au CNRS Ancien Maître de Conférences des Universités Psychanalyste Attaché à l'Hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris)
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