L’a- réelisation du transfert
En énonçant : « Il n’y a pas de rapport sexuel », Lacan vise l’existence, dans le sexuel, d’un insatisfaction structurale. Celle-ci est un trou, à ne se limiter que d’un jouissance de bords. En conséquence de quoi, la sexualité ne peut être que « trou-matique ». Il y a, en effet, un trou au niveau de ce qui ferait rapport sexuel. Quelque chose cloche en rapport avec le sexuel. Le symptôme en est le signe. Et le « sinthome » précise qu’il s’agit de l’impossible d’établir un rapport sexuel entre l’homme et la femme. Le sinthome, c’est alors ce qui vient dire le réel du symptôme.
Le réel, c’est donc bien l’impossible savoir du rapport sexuel. Or, l’histoire de la théorisation de la question du transfert fait apparaître trois dimensions audit transfert : 1) le transfert en tant qu’imaginaire (celui de Freud : transfert d’une imago vers une autre ; la répétition dans la réédition en somme) ; 2) le transfert en tant que symbolique (celui du Lacan du primat du symbolique des années 1950 : parler c’est faire exister le grand Autre ; et le sujet supposé savoir à partir de 1967, figure privilégiée du grand Autre) ; enfin, 3) le transfert en tant que réel (celui du Lacan du « il n’y a pas de rapport sexuel »).
Au terme d’une analyse, le sujet supposé savoir est rencontré par l’analysant quand l’analyste… le devient, c’est-à-dire au moment où le sujet supposé savoir est « éliminé », où il « chute ». L’analyste, alors, aura été le sujet supposé savoir, quand sa fonction se réduit à celle de l’objet petit a, ce déchet, ce résidu du savoir. Se répartissent alors les deux termes du fantasme : S barré côté analysant, petit a côté analyste.
Cependant, l’analysé ne devient pas « tout-sujet ». Il est divisé, S barré, il est « pas-tout ». Mais il n’est pas-sans cet objet a, rejeté à la place préparée par la présence du psychanalyste, afin qu’il se situe dans cette relation de cause de sa division de sujet. Ainsi, toute la vérité du symptôme n’est pas devenue savoir. Il y a un reste qui s’appelle l’objet petit a. Car le savoir obtenu, arraché au réel (R), est une « réalisation signifiante (S) accointée à une révélation du fantasme (I) » (20 mai 1968).
Soit, très précisément : R, S, I.
C’est le nouage RSI du transfert, l’hérésie du nœud du transfert, qui nous semble in fine, à l’expérience, ne pas être suffisamment réelisé dans le non-aboutissement de certaines cures, ou cursus, que l’on peut observer aujourd’hui. La dimension réelle du transfert, insuffisamment prise en compte, c’est alors ce qui, selon l’adage lacanien, forclose du symbolique de la cure par la parole, réapparaît dans le réel institutionnel de la vie des groupes analytiques… La jouissance, notable, en est le signe pathognomonique. Ah !, jouissance, quand tu nous tient… ! La jouissance, pas le désir, malheureusement : retour à la case départ.
Lacan disait que les analystes n’avaient même pas été foutu d’inventer une nouvelle perversion. Après tout, il n’est rien de moins sûr… !
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