De la perversion féminine

De la perversion féminine

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Une lettre ouverte pour la psychanalyse

Une lettre ouverte pour la psychanalyse
(07-01-2020)

 

À tous ceux qui se disent, donc se prétendent « psychanalystes » (car cela reste et restera toujours une prétention), à juste raison ou non, qui le croient, qui le pensent ou que l’on dit tels, à tous ceux qui pratiquent (car c’est avant tout, et après tout, une praxis), ce que depuis Sigmund Freud il est convenu d’appeler la psychanalyse (donc n’est pas la médecine psychiatrique, pas la psychologie dite clinique, pas plus toute forme actuelle de psychothérapie), soit comme psychanalystes, soit comme psychanalysants, à tous ceux-là, cette lettre ouverte.

Les temps changent. Un monde nouveau nous arrive. Les psychanalystes doivent se réveiller. Le temps, le monde est nouveau chaque jour. Il est à réinventer chaque jour, à prendre en compte, à écouter… Les psychanalystes se sont endormis parce qu’ils ont baissé la garde, ils ont oublié ce principe fondamental, pendant trop longtemps, selon lequel, leur place, leur fonction de psychanalyste n’est pas un acquis « une fois pour toutes ». Non, elle est à remettre en question chaque jour pour ne pas être « hors jeu ». Hors jeu du temps, de la vie, de la société, du monde réel, de la Cité… Les psychanalystes se sont endormis, par suffisance, orgueil, absence de doute, outrecuidance, arrogance, vanité, autosatisfaction, condescendance…
Pas tous. En tout cas certains d’entre nous qui ne souhaitent plus se laisser réduire à moins que rien, se voir, sans réagir, rejetés ou épinglés avec des aiguilles d’entomologiste par le mépris dans les rebuts de l’Histoire des idées et des pratiques d’un autre Âge. Si la croyance d’un savoir « extra-subjectif », la facilité, la vulgarité, le mensonge, le laxisme, la complaisance, la compromission, le capitalisme, le court-termisme… gagnent, ce sera le signe que la psychanalyse a échoué.

Ajoutons aujourd’hui une autre croyance, quasi-religieuse, celle du Marché qui ne fonctionne que sur l’adaptation mercantile de l’offre et de la demande, au soi-disant moindre coût pour le public, c’est le « toujours moins cher » !
Celle du scientisme qui veut à tout prix se faire passer pour la Science, alors qu’il n’est que son idéologie .
Celle de l’évaluation administrative qui ne vise, pour mieux nous gérer, qu’à éradiquer la notion perturbatrice de « sujet » et à nous réduire à la notion « d’individu » normé, cadré, policé, discipliné… Des individus, dont « on » crée par des algorithmes, selon des groupes homogènes, les besoins et les envies et même transformer des symptômes en maladies…
Celle de la psychothérapie qui veut tuer la psychanalyse dont pourtant elle se nourrit et qui la fascine, pour simplement prendre sa place le plus vite possible, mais pour quoi faire de plus ?
Les psychanalystes ont laissé croire, à la société, que la psychanalyse était une psychothérapie (ce qui n’est pas faut en soi), mais une psychothérapie au même titre que les autres. Or là est le problème. La psychanalyse n’est pas une psychothérapie comme les autres, ses fondements, sa pratique, ses objectifs sont tout autres… Les psychanalystes, en laissant faire, ont de fait, par leur silence, admis qu’elle pouvait être enseignée, transmise, inculquée, professée dans des lieux réservés à l’instruction : l’Université ou les écoles de psychothérapie…
La croyance, enfin, de l’industrie pharmaceutique qui n’a de cesse de vouloir nous réduire à l’homme-machine-bio à qui il manquerait toujours quelque chose qu’elle se charge bien sûr d’apporter.

À l’heure où la folie est, à nouveau, trop souvent aujourd’hui criminalisée, alors qu’elle devrait plutôt être accueillie et traitée, accompagnée, soignée, des voix se font entendre pour contrer cette erreur qui sera lourde de conséquences. Des psychanalystes y participent et pensent que la loi de 1838 est obsolète et doit être reprise autrement. À l’heure où le DSM V s’est installé, des voix, parfois les mêmes, s’élèvent pour dire combien cette approche du phénomène dit mental, de tout le champ psychique, est inconvenant car il vise à l’éradication de la notion même de sujet, patiemment construite par plus d’un siècle d’expérience de la pratique psychanalytique. Les psychanalystes sont jusque-là montés au créneau (Manifestes français, italien, espagnol…, contre le DSM), sans trop de retombées probantes.

A l’heure, enfin, où les professions et autres métiers qui se rapportent à ce champ du psychisme subissent une remise en question et un bouleversement créant, sorti d’on ne sait où, sinon de la pression des psychothérapeutes qui a rencontré, par bon heur, la peur panique du gouvernement contre le phénomène sectaire, un titre contrôlé et donc protégé par l’Etat, ce sont les psychanalystes qui sont déjà depuis quelques années exposés et, in fine, voués à disparaître dans toutes les têtes d’importance ou de pouvoir mais aussi, grâce au « remarquable travail » en ce sens des Média, en direction du grand public qui suit trop facilement la pente à la mode qu’on lui propose, voire impose sans autre forme de critique
Ce n’est évidemment pas faux, dira-t-on, mais c’est un peu trop facile de rejeter toute la faute sur « ces autres ». Ce n’est pas aux journalistes de contredire les critiques multiples et unilatérales contre la psychanalyse. Seuls les psychanalystes peuvent et doivent le faire, du fait justement de la singularité de cette discipline. Il faut avoir usé son pantalon sur le divan, consommé des tonnes de mouchoirs, s’être frotté soi-même et ardemment aux forces de l’inconscient, du transfert… Où sont les psychanalystes pour parler, pour dire quelque chose de leur singularité, en regard de la société, à la société, en dehors de leurs cercles inaccessibles et de leur « entre-soi » ? N’ont-ils finalement pas trouvé leur place dans la société d’aujourd’hui ?

Aujourd’hui, le titre de psychothérapeute doit être demandé et… mérité. On propose au psychanalyste de venir rejoindre le banc des psychothérapeutes d’Etat, sur une liste de… « psychothérapeutes d’orientation psychanalytique ». Notons bien, pas une liste de psychanalystes, encore heureux ! Pourquoi ? Parce que ceux qui lui demandent cela, au psychanalyste, le considère, ni plus ni moins, comme un ordinaire psychothérapeute, comme l’un des psychothérapeutes parmi tant d’autres ; Mais les psychanalystes ont-ils déclaré autre chose ? Comment voulez-vous que quelqu’un, en souffrance, démuni de ses facultés, en proie à l’angoisse et à son histoire, qui fait appel à l’autre, fasse la différence entre un psychothérapeute et un psychanalyste ? Les psychanalystes ne la font pas eux-mêmes ! Le tour de passe-passe est simple et même simplet. Le psychanalyste n’est considéré que comme un psychothérapeute. Signez là ! Psychanalystes, et vous serez, enfin, reconnus… comme psychothérapeutes.

Nous, psychanalystes, qui savons, pour l’avoir appris avant tout sur le divan, déjouer les pièges un peu plus retords de l’inconscient que celui que nous présentent sur un plateau d’argent (c’est le cas de le dire, car l’argent est l’un des ressorts essentiels de ce tour de prestidigitateur !) les services de l’Etat, allons-nous signer ? Allons-nous prendre la voie de la « servitude volontaire » et nous mettre, nous aussi, à détruire la psychanalyse en désertant ses rangs, faisant de nous, en quelque sorte, comment appeler cela autrement, des renégats de la psychanalyse, d’une psychanalyse qui nous a nourris et parfois « sauvés » de là où, sans espoir, nous souffrions, à qui nous devons tout ce que nous sommes devenus : des psychanalystes dignes de ce nom, freudiens et pour d’autres, freudiens aussi et lacaniens, qui n’acceptent pas de laisser glisser le signifiant à partir duquel ils ex-sistent ?

Vous êtes, nous sommes des psychanalystes, c’est notre prétention, nous exerçons quotidiennement cette étrange fonction à laquelle nous nous plions, qui ne ressortit  pas d’un être (pas d’être du psychanalyste, merci Lacan !) comme nous ne sommes pas sans le savoir, mais la langue est ainsi faite qu’il faut bien s’exprimer socialement de la sorte pour le public et ceux qui nous gouvernent.

« Psychanalystes pas morts, lettre suit ! ».

C’est plutôt à la lettre qu’il nous faut le rester, psychanalystes. Lorsqu’on cède sur les mots, disait Freud, l’on cède sur les choses. La psychanalyse transformée en psychothérapie et les psychanalystes transmués autoritairement en psychothérapeutes.         Aujourd’hui comme hier, les psychanalystes, en France sont libres d’exercer leur métier. Si aujourd’hui il existe un Master 2 de psychanalyse ou des Écoles de psychothérapie d’orientation psychanalytique, ce n’est pas à cause d’un régime politique totalitaire, autoritaire, despotique. Les psychanalystes, à l’Université, l’ont voulu.

Vous êtes, nous sommes des psychanalystes, nous pratiquons pour tout demandeur qui s’y risque, et si nous l’acceptons, cette toujours énigmatique chose qui s’appelle la psychanalyse, telle est notre étrange fonction au regard du monde. Nous ne sommes pas et ne serons jamais des psychothérapeutes agréés par les services de l’Etat, sauf à nous leurrer nous-mêmes les premiers.

Psychanalystes, souvenons-nous de l’exemple italien (loi 56) qui a vu la fin des psychanalystes laïcs selon le même procédé de sirènes que l’administration française met en œuvre aujourd’hui, dans sa légitime logique, à votre endroit : siphonner les rangs des psychanalystes pour les faire devenir, d’eux-mêmes de préférence  – dans un premier temps, on verra plus tard pour la forme autoritaire s’il y a lieu -, des psychothérapeutes agréés par l’Etat. Exit alors le psychanalyste et la psychanalyse, laïcs du nom.

Disons NON aux sirènes ! Rejoignons nos cabinets, nos consultoires, là où est notre place, notre place pour y exercer, pratiquer notre seule fonction de tenir bon face au symptôme. Tâche ingrate autant que magnifique, tâche à laquelle toute leur vie durant un Sigmund Freud, comme un Jacques Lacan, comme bien d’autres encore, ne renoncèrent. Un psychanalyste meurt dans son fauteuil, il n’est pas dans ses idées d’être cité à l’ordre de la Nation. Le dés-ordre reste son lot.

Et c’est bien ce qui est ici à entendre : faisons notre boulot de psychanalyste, vraiment, entièrement, sans compromis. Cependant, le travail, la tâche en ce monde d’un psychanalyste ne s’arrête pas là, à son cabinet. Il fait, aussi, parti de la société, de la Cité.
L’aurait-il oublié au fil du temps ? En ça, il a aussi une responsabilité sociétale. On ne peut comprendre quelque chose de la psychanalyse qu’en en faisant une ! Certes, c’est comme la natation ! Toutefois, les psychanalystes doivent apporter leur éclairage singulier sur les questions de société, de vie, de désir, d’amour et de mort… On doit, la société doit pouvoir les entendre, arriver à les entendre,… si eux-mêmes s’en donnent, aujourd’hui, un tant soit peu la peine.

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Du TRANSFERT en dix points cruciaux

1) Il existe un nécessaire et incontournable amour dans la cure psychanalytique. La cure est une cure d’amour, sauf que c’est comme à l’envers, c’est-à-dire, une cure de l’amour. Qu’il prenne la forme d’un amour ou d’une haine n’y change rien en son fond. Freud a appelé cet amour amour de transfert. Il est tissé des même fils que l’amour ordinaire, celui qui nous fait tous souffrir un jour ou l’autre. C’est un amour « authentique » (terme de Freud). C’est un amour vrai, dans l’actuel, un amour bien réel et non la simple répétition ou ré-édition d’un amour passé. Un amour dans le réel.

2) Mais le transfert est tressé de cet amour qui, en réalité, est triple. Il y a un amour dans l’Imaginaire, un amour dans le Symbolique et un amour dans le Réel. Le dernier, l’amour dans le Réel est une forme de l’amour dans l’impossible, cet amour qui unit en désunissant dans sa progression vers la différence (sexuelle) absolue, à chaque séance un peu plus, analyste et analysant.

3) Si l’amour dans le réel est cet impossible, c’est que s’est invité à cet endroit, au festin, le désir, lequel est causé par l’objet petit a que recèle, sans le savoir au début, le psychanalyste pour le psychanalysant, et… réciproquement. Le petit a possède, en outre, une redoutable dimension de plus-de-jouir.

4) Mais le transfert est quelque chose qui campe à la frontière de l’amour et du désir. Il est un remuant passeur de frontières, dans les deux sens. Il se présente ainsi tel un Janus bi-frons : d’un côté il réfère à l’amour, de l’autre au désir. Et ceci pour les deux protagonistes, analyste et analysant. Mais l’analyste a un temps d’avance sur son analysant. Son parcours doit lui avoir permis de rencontrer et traverser l’amour imaginaire (castration imaginaire) et l’amour symbolique (castration symbolique). Il peut ainsi permettre l’accès à cette castration pour son analysant, et l’accompagner dans les arcanes des mêmes opérations qu’il a subies, traversées.

5) Mais il reste la question de l’amour dans le réel. Là, ils se retrouvent pris, ensemble, en couple, dans ce concubinage de l’impossible. Car cet amour n’est pas un amour ordinaire, ni un amour courant, ni un amour narcissique et névrotique, un amour qui s’aime en aimant l’amour, en un mot un amour improbable, quoiqu’un amour rêvé comme possible. Bien qu’averti, là où son analysant ne l’est pas encore, l’analyste est à une place homologue à celle de son analysant. Ils sont à des places quasi identiques. Et cette place est celle où le désir fait son office.

6) Le désir opère sur le front de l’objet et donc du manque. Il est sans représentation directe, sinon par le biais de l’amour où il se dégrade dans la demande. Il est poussé par l’insatiable pulsion en son circuit infini. Il est ce qui se dit, s’énonce et dé-range l’Autre. Il est ainsi un créateur d’angoisse. Il s’insère entre le besoin et la demande, sans être ni l’un, ni l’autre.

7) Du côté de l’analyste, le désir qui prime s’appelle le désir de l’analyste. C’est un désir qui désire qu’il y ait de l’analyse. Que l’on aille jusqu’au bout. Au bout de l’analyse. L’amour de transfert est ainsi chevillé, non seulement à ce qui se passe chez l’analysant, mais aussi à ce qui se passe chez l’analyste concernant le désir d’analyste. Il doit s’y produire la métaphore de l’amour. L’aimé-désiré, ou voulant l’être, cesse sa plainte de ne pas être assez aimé ; il devient aimant-désirant. Changement, substitution de place, retournement, transfert : révélation de la signification de l’amour, comme s’exprime Lacan.

8) La tâche du psychanalyste est de révéler au sujet l’objet de son désir à partir de la demande d’amour. A une seule condition, c’est que cet amour dans le réel, cet amour impossible qui enlace dans un ensemble invivable ou insupportable analyste et analysant, soit un amour qui réintègre en son sein le désir, qu’il s’y confonde, qu’il ne fasse qu’Un avec lui, comme dans la Grèce ancienne. Qu’il s’agisse, alors, véritablement, d’un désiramour. Qu’il s’agisse, désormais, de désiraimer. Cette position qui conjugue le verbe désiraimer, c’est aussi celle, et la seule, qui se supporte du manque. Qui supporte le manque. Fondamental ou passager. Désiraimer, devient ainsi le seul accès, pour le sujet, qui lui reste, pour atteindre à la vérité de son désir.

9) La psychanalyse est donc bien cette discipline qui propose au sujet de nouer les trois dimensions de l’amour, appelé en cette situation et en ces circonstances amour de transfert. Nous devrions aborder dorénavant le transfert dans sa totalité, dans la triplicité de son nouage borroméen qui se décline en ses trois dimensions : imaginaire, symbolique et réelle. La dimension réelle du transfert, où se tapit férocement en son cœur le désir, c’est alors celle qui ne méconnaît plus l’existence, la consistance et le trou que produit l’amour dans le réel, cet amour infernal qui enlace les deux protagonistes de la situation analytique et qui est cependant le seul amour à réintégrer la question sexuelle comme la question humaine cruciale, fondamentale, centrale et que Lacan a ramassé dans sa célèbre formule : « il n’y a pas de rapport sexuel ».

10) Enfin, le psychanalyste, c’est quelqu’un qui est animé du désir de l’analyste, ce qui lui confère une présence, unique, laquelle lui permet d’opérer de sa place de sujet supposé savoir. « […] c’est à la place où nous sommes supposés savoir que nous sommes appelés à être et n’être rien de plus, rien d’autre que la présence réelle et justement en tant qu’elle est inconsciente. », dit Lacan dans le séminaire Le Transfert.

Jean-Michel LOUKA

 

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2019, la psychanalyse

Disons-le haut et fort :

- Même si elle n’est pas la Science, la psychanalyse est « une science » (Lacan souhaitait vivement que la psychanalyse « porte une science »). Une science, un savoir du sujet et comment y faire avec celui-ci.

- La psychanalyse est une discipline à part entière, avec une méthode propre pour sa pratique et une théorisation toujours ouverte à la critique et à la construction. Une finalité aussi.

- La psychanalyse est une pratique d’accueil, d’écoute et d’analyse du sujet et des formations de l’inconscient.

- La psychanalyse est une éthique du bien dire, là aussi, du sujet.

- Enfin, la psychanalyse est un métier et une profession ; à ce titre elle ne peut être gratuite, car cela coûterait trop cher par la suite, et à l’analysant et au psychanalyste.

Jean-Michel Louka

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DE QUELQUES CHIFFRES…

L’OMS définit la Santé Mentale comme « Un état de bien-être dans lequel la personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et fructueux et contribuer à la vie de sa communauté. »

En France, actuellement, une personne sur cinq est concernée par les troubles psychiques. Cela fait quand même plus de treize millions de personnes… dont au moins sept millions de femmes.

88% des personnes violées en France sont de sexe féminin, selon les chiffres de 2017 collectés par l’Observatoire national des violences faites aux femmes. Le viol aura inévitablment toutes sortes de repercussions psychiques et psycho-sexuelles sur la personne violée.

Le viol se réalise-t-il sur fond de perturbations, de “troubles psychiques” de la personne du violeur au moment du viol ? La question devrait, en effet, aujourd’hui au moins être posée.

Les « troubles psychiques » se présentent d’intensité et de durée variable, possiblement handicapants, générant la détresse psychologique ou encore une altération aggravée de l’épanouissement personnel.

Il est ainsi de nombreux problèmes de santé mentale qui s’épanouissent, encore plus aujourd’hui qu’hier, compte tenu de la fragmentation galopante de la société, de la violence croissante du rapport à l’autre, de l’isolement, de l’indifférence généralisée, de la radicalisation des positions religieuses. Une affection comme la dépression est traversée par 20 % de la population générale en France, ce qui conduit inévitablement à des drames : des tentatives de suicides (200 000 TS chaque année) ou pire, au suicide « réussi » (10 500 chaque année).

Dépressions, mais aussi troubles bipolaires, troubles alimentaires, schizophrénies, TOC… , sans parler du risque de burn-out, de plus en plus prégnant dans la société : en 2020, plus d’une personne sur cinq sera touchée par un trouble mental estime l’OMS. Toutes les formes d’addictions (avec ou sans objet) sont en progression constante.

*

Toujours selon l’OMS (2001), « La dépression se manifeste par une humeur triste, une perte d’intérêt pour toute activité et une baisse de l’énergie. Les autres symptômes sont une diminution de l’estime de soi et de la confiance en soi, une culpabilité injustifiée, des idées de mort et de suicide, des difficultés à se concentrer, des troubles du sommeil et une perte d’appétit. La dépression peut aussi s’accompagner de symptômes somatiques. »,

Pour l’heure, en France, il est avéré que 4,3 % de la population générale sont concernés par des troubles phobiques, que 12,8 % des personnes ont souffert à une moment ou à un autre de troubles anxieux généralisés, et que les troubles bipolaires concernent 3,7 % de la population générale. Quant aux TOC (Troubles obsessionnels compulsifs), ils sont situés au 4ème rang des troubles psychiques.

L’OMS estime que 25 % de la population mondiale sera demain concernée à un moment ou un autre de sa vie par un trouble mental qui demeure au 3ème rang des maladies les plus fréquentes après le cancer et les maladies cardiovasculaires !

Parmi les pathologies les plus préoccupantes au XXIe siècle, cinq ont été identifiées par l’Organisation Mondiale de la Santé : la schizophrénie, le trouble bipolaire, l’addiction, la dépression et le trouble obsessionnel compulsif.

Jean-Michel LOUKA

23 JUIN 2019

 

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DU SEXE ET DU DIVORCE

Il existe un domaine crucial, parmi d’autres, pour lequel le divorce d’«elle» n’est pas le même que le divorce d’«il». Ce domaine, c’est celui de la sexualité !

Là où un homme qui divorce se sentira le plus souvent pousser des ailes, parce que libre de désirer et donc de courtiser, « toutes » les femmes de la planète, – il en forme le fantasme, lequel lui permet de ne pas s’effondrer. Une femme se voit, au contraire, dans son être, plus ou moins brutalement remise en cause : sa féminité, sa beauté, son pouvoir d’être désirable et de susciter l’amour, sa condition même de femme s’en trouvent, à ses yeux, brusquement contestés, bouleversés, remis en question.

Un doute s’installe, une culpabilité tombe sur elle et la rattrape par la manche : « quelle femme suis-je donc ? ». Plus encore : « quelle femme suis-je devenue pour en être arrivée là ? ».

Bref, elle se sent rejetée par les autres, tout autant que par elle-même. Elle n’a plus confiance en elle. Elle se retrouve d’un coup déconstruite, voire détruite, comme « en vrac », Un sentiment d’insécurité absolue en est la conséquence directe.

Pour surmonter ce mal être, il ne faut pas hésiter à demander de l’aide au médecin, au psychiatre, au sexologue, au psychologue ou au psychothérapeute. Mais comment se soigner grâce aux mots ? Voilà, ce qui se confie lors d’une analyse.

Que fait alors le psychanalyste ? Quel est son rôle?

Il engage un travail de re-construction, qui s’avère le plus souvent être essentiellement un travail de construction, car il n’y a pas réellement eu de travail de construction de la personnalité comme il aurait du ou pu se faire en son temps. « Je ne savais pas ce que c’était qu’être une femme, avoir un corps sexué de femme, confie Marie. Je pensais, comme on le répétait, que c’était ne pas avoir ce qu’avait un homme, manquer de ce sexe masculin, le pénis. Manquer ! J’ai compris que j’avais moi-même, en tant que femme, un sexe, un sexe féminin, et que je ne manquais en fait de rien, que j’étais en somme entière, sexuellement complète. »

C’est aussi un travail de réparation, un exercice de l’esprit, lequel débouche, bien mené, sur une naissance,…pas une re-naissance comme l’on dit trop souvent ! Diane remarque : « je croyais que j’étais née parce que j’étais physiquement née ; je me suis aperçue que c’était bien autre chose de naître à soi-même comme femme, surtout sexuellement. »

Et l’on pourra oser dire, à terme, « une femme est née » ! Il s’agit, bien entendu, d’une naissance à elle-même et par elle-même, à la fois donc, parturiente et accoucheuse. Naissance à son être de femme, lui permettant d’aborder autant la question du féminin, pour elle, que celle de  la conquête de sa propre féminité.

Cette naissance accomplie, le travail du psychanalyste touche bientôt à son terme. Ce qui permettra ainsi à l’avenir d’éviter, au mieux, les pièges de la répétition.

On constate alors qu’une femme se met à parler autrement du sexe, de sa sexualité. C’est, pour elle, devenu une autre sexualité. « Je me suis rendue compte, dit Charlaine, que ma jouissance n’était qu’en partie ressemblante à celle de mon nouveau compagnon. Il y en avait une autre qui m’était propre, une jouissance, si spécifique de mon corps et de mon être féminin, qui rendait mon ami parfois envieux. »

Ou plutôt, dirons-nous, une sexualité Autre, c’est-à-dire nouvelle, inconnue auparavant.

Assumée maintenant comme telle.

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Retour au transfert

En 2008, j’ai écrit et publié à Paris, chez L’Harmattan, un livre traitant de la question du transfert, intitulé : « De la notion au concept de transfert, de Freud à Lacan ».

Qu’est-ce qui pousse quelqu’un à demander à être reçu par un psychanalyste ? Et qui plus est, ensuite, et surtout,… à revenir ?

À revenir régulièrement, chose étonnante, parfois durant plusieurs années ? Le transfert.

Le transfert, c’est l’amour dit Lacan, ex-abrupto, dès sa conférence de Louvain (13 octobre 1972) et à Rome aux journalistes qui l’interrogent lors de la conférence de presse à la veille de « La Troisième », en 1973.
Pas de différence de nature entre le transfert et ce qu’on appelle communément l’amour. C’est du même tonneau, de la même étoffe.

Pour Freud, c’est essentiellement une répétition, celle d’une image, une imago, d’un personnage du passé, père, mère, etc.

C’est le passé dans le présent. Même s’il admet qu’il y a quelque chose de réel, d’actuel, dans le transfert avec le psychanalyste. Une répétition qui va créer une forme de résistance au travail analytique et, en même temps, c’est ce que ce couple analyste-analysant possède, en fait, de mieux comme cadre pour l’avancée  dudit travail de la cure.
Pour Lacan, il y a deux transferts, compte tenu de l’introduction de  son nouveau paradigme pour la psychanalyse, RSI (Réel, Symbolique, Imaginaire). Le transfert imaginaire, principalement celui déjà repéré par Freud, et un transfert symbolique qu’il introduit et distingue, dégage, avec sa notion de grand Autre et grâce à son insistance qu’il fait porter sur la parole, le signifiant, i.e. le registre du Symbolique.
Ce qui n’était pas aussi clairement distingué chez Freud.

Un troisième transfert peut dès lors s’inférer à partir du RSI lacanien, le transfert réel, ou plus précisément, dans le Réel. C’est la dimension réelle du transfert.

C’est  ce « troisième » transfert, cette troisième dimension réelle du transfert qu’il m’importe aujourd’hui, dix ans après mon ouvrage, de reprendre. D’où ce « retour au transfert », comme ci-dessus annoncé.

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Attention !

La psychanalyse est une avancée de la civilisation sur la barbarie.
Voudrait-on le retour de celle-ci que l’on ne s’y prendrait pas, en ce moment, autrement… !
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POUR LA PSYCHANALYSE

Voici, ci-dessous, ma vision des choses pour un projet. Elle repose sur quelques principes, dont ci-après une première ébauche.

1. Il ne s’agit pas de se servir de la psychanalyse, mais il s’agit plutôt de la servir.

2. Il s’agit de la défense et de l’illustration de la psychanalyse  – cette praxis originale inventée par Freud -, parce qu’elle est sérieusement menacée d’assasinat et d’extinction. Et, je l’ai dit et écrit, la psychanalyse est une discipline mortelle !

3. C’est le signifiant “psychanalyse” qui est à défendre et à illustrer. Pas les noms propres de Freud ou de Lacan ou de quelques autres. Ces noms, et leurs oeuvres, doivent prendre leur juste place dans l’histoire du mouvement psychanalytique qui continue.

4. Le monde a changé et depuis la disparition de Freud (Londres, 1939), et depuis celle de Lacan (Paris, 1981). Tous les grands noms qui ont marqué l’histoire de notre discipline s’en sont allés. Les derniers grands élèves de Lacan, pour nous français, sont en voie d’extinction. Ils disparaissent les uns après les autres. En reste-t-il même encore dix à ce jour ?

5. La société française, parmi les sociétés occidentales, est en pleine mutation. La psychanalyse ne s’y pratique plus comme il y a quarante ans, je puis en témoigner. Les pures demandes d’analyse se sont progressivement raréfiées. Les plus jeunes d’entre nous souffrent ainsi d’un manque criant de clientèle pour s’installer, mais ce fait doit être tu dans les sociétés,…Chut ! Pourquoi ne pas dire que le Roi est nu ?

6. La psychanalyse est, en France, critiquée, attaquée de toutes parts, combattue, voire interdite (Cf. dans le domaine de l’autisme), tout cela avec le consentement aveugle et veule des pouvoirs publics trop facilement conquis par les psychothérapeutes et leurs cinq cents techniques de psychotherapies. Qui a connu Freud vivant ? Personne, bien sûr. Qui a connu Lacan vivant… ? Quelques-uns encore qui se retrouvent en charge aujourd’hui de ce que l’on appelle l’enseignement, la formation, en un mot la transmission.

7. Les plus jeunes d’entre nous n’ont plus alors qu’un rapport livresque aux textes de Freud, Ferenczi, Abraham, Ana Freud, Mélanie Klein, Donald Winnicott et Lacan. Et le danger serait de laisser l’Université former en théorie les esprits des plus jeunes sous le contrôle de l’Etat, puisqu’en pratique elle ne le peut.

8. Tous les modèles d’institution pour la psychanalyse ont été, depuis belle lurette, tentés, essayés, proposés/imposés, expérimentés. Tous ont échoué, il faut quand même le dire, au bout de quelques mois ou de quelques années : le modèle de l’Eglise (I.P.A.), le modèle de l’Armée (E.C.F.), le modèle de l’école antique de philosophie (celui dont se réclamait Lacan à la fondation de son école, en 1964, l’E.F.P.).

9. Je pense qu’il faut, aujourd’hui, être modeste, humble. Ce qui n’empêche nullement d’être rigoureux.

10. Aucun analyste à venir ne pourra socialement et psychanalytiquement rester isolé, sans attache institutionnelle a minima. Les pouvoirs publics et les autres professionnels du champ psychique (psychiatres, psychologues, psychothérapeutes), comme le public, ne supporteront plus, à l’avenir, cette solitude socio-professionnelle du psychanalyste rabattue sur un supposé charlatanisme incontrôlé. Du point de vue de ce praticien appelé “psychanalyste”, il serait encore plus dangereux de “se croire être” psychanalyste, seul dans son coin. La psychose et/ou la perversion le rattraperaient bien vite pour l’habiter à son insu.

11. Nous, les psychanalystes d’aujourd’hui, nous ne voulons plus être pris en 2017 dans les déviations et les compromissions qui affectent notre pratique et notre présence au monde au contact de la psychiatrie biologique et comportementaliste, de la psychologie et des psychothérapies. Notre pratique s’y trouve déconsidérée, y dégradant son emploi et amortissant d’autant son progrès. Nous voulons sonner la sonnette d’alarme et restaurer le soc tranchant de la vérité.

12. Car c’est ainsi, c’est bien la vérité, oui la vérité, que vise la psychanalyse. La vérité du sujet, celle de son désir, d’un sujet divisé entre vérité et savoir.

13. Si l’ambition nous habitait  – et pourquoi ne nous habiterait-elle pas ? -, nous pourrions parler en utilisant des gros mots : Relance, renouveau, voire renaissance ou reconquête de la psychanalyse en ce pays, la France, et du devoir qui lui incombe en ce monde. Voilà quels seraient les maîtres-mots.

14. Je suis pour une association loi 1901, simple, claire, basique, ouverte, avec une seule catégorie de membres. Que cette association porte un jour une école, ou non, est déjà une autre question, insoluble au jour d’aujourd’hui.

15. Ce qui veut dire, dans mon esprit, qu’il faut revenir en-deçà de ce qu’entraîne, ipso facto, la notion lacanienne d’école : cartel et passe. Pour aller, un jour, au-delà, le fameux jenseits de Freud.

16. Une association, faisant collectif, institution de rattachement, port d’attache, “home”, havre, base de ressourcement mais aussi d’actions, cercle d’échanges de pairs, club,… pourquoi pas !

17. Le tout dans ce que Lacan avait nommé transfert(s) de travail, et j’ajouterai, un profond respect des différences.

18. Les noms qui me conviendraient sont : “Le réveil de la psychanalyse”, ou “Pour la psychanalyse”, ou encore “La psychanalyse”… C’est le signifiant “psychanalyse” qui importe aujourd’hui, pas les noms propres, fussent-ils historiques. La psychanalyse est devenue une discipline commune… !

Telle est ma conception à ce jour !

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DEMAIN LA PSYCHANALYSE

JEAN-MICHEL LOUKA

Pas de psychanalyse sans psychanalystes en exercice. Pas de psychanalyste sans la psychanalyse, comme théorie et pratique vivantes à questionner, inventer.

Le terme de psychanalyste est devenu aujourd’hui, un mot tabou ! Et d’autant plus tabou qu’il n’est pas précédé de l’expression par ailleurs. Vous pourrez entendre un : je suis psychiatre et, par ailleurs, psychanalyste, ou bien, je suis psychologue clinicien et, par ailleurs, psychanalyste… mais jamais : je suis un psychanalyste. Si vous le dites, – et je le dis -, l’on vous rétorquera immédiatement, faites-en l’expérience : psychanalyste, ça ne veut rien dire, ça n’existe pas. En fait, dites-moi, vous êtes psychiatre ou psychologue ?

Je suis un psychanalyste français, ce qui veut dire que ma langue, que l’on appelle maternelle, est le français. Continuer la lecture

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