L’OEdipe

L’Œdipe

Œdipe, c’est le personnage créé par Sophocle. Deux pièces de théâtre (Œdipe Roi, Œdipe à Colone) qui réfèrent à un mythe. Un mythe fondateur, devenu aussi le mythe fondateur de la doctrine psychanalytique freudienne. Titillé par Lacan, plus même, remis sérieusement en question tout au long de son œuvre de théorisation, il ne sera pas détruit ou dépassé, mais, in fine, conservé par celui-ci.
Freud se sert de l’histoire d’Œdipe, qui accomplit l’oracle de Delphes, à son insu, de tuer son père et de coucher avec sa mère. Il en fait un complexe psychique, le Ödipuskomplex. Celui-ci est la représentation inconsciente au moyen de laquelle s’exprime, entre trois et cinq ans, le désir amoureux ou sexuel de l’enfant pour le parent de l’autre sexe et, en retour, son hostilité pour le parent de son sexe. Il peut y avoir inversion, on parle alors de complexe d’Œdipe inversé. Puis il décline (période de latence) et doit se résoudre à la puberté en recherchant et trouvant un nouveau type de choix d’objet.
Depuis longtemps, dans la psychanalyse, on parle directement d’Œdipe, de l’Œdipe, pour simplifier l’expression « complexe d’Œdipe ».

 

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

L’inconscient

L’inconscient

L’inconscient n’est pas de Sigmund Freud (1856-1939). L’inventeur de la psychanalyse n’est pas le premier penseur à découvrir ou même inventer la notion ou le mot. C’est pourtant lui, Freud, qui finira par  l’établir comme le concept majeur de sa doctrine en lui donnant une signification précise, radicalement différente de ses prédécesseurs.
L’inconscient freudien est un lieu parfaitement inconnu de la conscience, c’est une « autre scène » (eine Andere Schauplatz dit Freud, en allemand). Deux moments de la théorie psychanalytique : 1. la première topique (Ics-Pcs-Cs) et, 2. la seconde (moi, ça, surmoi). D’où deux définitions : 1. l’inconscient comme instance ou système (Ics), formé de contenus refoulés qui échappent aux autres instances du préconscient (Pcs) et du conscient (Cs) ; 2. L’inconscient n’est plus alors à proprement parler une « instance », mais sert à désigner et qualifier le contenu du « ça », mais aussi une grande part du « moi » et du « surmoi ».
Chez Jacques Lacan (1901-1981) où « Le langage est la condition de l’inconscient », l’inconscient sera dit structuré « comme un langage ». Il s’agit là d’un savoir constitué de petites lettres et occupé par des signifiants refoulés. A la fin de son œuvre, Lacan avancera une représentation topologique de l’inconscient montrée, à son Séminaire public, au moyen des nœuds borroméens.

 

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Psychanalyse et université

Psychanalyse et université

Université et psychanalyse n’ont jamais fait très bon ménage. Freud n’a été nommé « professeur », sans chaire d’enseignement d’ailleurs, tardivement qu’en 1901. A quarante-cinq ans.
Il y a comme une antinomie entre ces deux entités hétérogènes, université et psychanalyse. La transmission universitaire des connaissances et la transmission du savoir accumulé par la psychanalyse ne ressortissent pas de la même méthode. Gouverner, éduquer et psychanalyser étaient d’ailleurs les trois tâches que Freud avait déclarées impossibles… Quant à Lacan, il dut construire, après mai 1968, sa théorie des quatre discours dont deux parmi ces quatre sont le discours du psychanalyste et le discours universitaire, marquant bien leur différence et même leur incompatibilité.
Aujourd’hui, beaucoup de psychanalystes sont partis à la conquête de l’Université, en France comme ailleurs dans le monde. C’est un choix personnel et en même temps un pari. Ils sont devenus Maître de Conférences, puis Professeurs des Universités. Ils ont été habilités à diriger des recherches et produisent ainsi un certain nombre de « docteurs » en psychanalyse, ce qui n’a rien à voir, bien entendu, avec le fait de faire sa psychanalyse personnelle et de devenir psychanalyste praticien. Malgré tout, le public s’y perd un peu, et n’y rencontre qu’un titre de plus. C’est une illusion de garantie offerte à un public qui, comme l’Etat, croit aux diplômes universitaires, croient surtout que lesdits diplômes garantissent quelque chose en ce domaine.
Ces psychanalystes universitaires ont provoqués, chemin faisant, une levée de bouclier et une riposte de la part des psychologues cognitivo-comportementalistes qui ne cessent d’essayer de les déloger de l’Université afin,… de prendre tout simplement leur place et d’imposer leur propre influence idéologique sur les générations présentes et à venir d’étudiants en psychologie. C’est une guerre ouverte, toujours en cours…

 

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Psychanalyse et psychothérapie(s)

Psychanalyse et psychothérapie(s)

Il existe, en France et de par le Monde, actuellement, plus de cinq-cents techniques de psychothérapies. Chaque mois, il s’en crée de nouvelles, dérivées, pour la plupart, des techniques déjà existantes. Elles sont toutes issues de la méthode et des techniques psychanalytiques. Soit pour les réfuter, soit pour les édulcorer, les copier, les détourner ou les singer, et même sans dire leur provenance. Le plus souvent elles n’inventent rien, mais remettent au goût du jour des techniques ancestrales dépassées et puisées un peu partout, mais pas toujours aux meilleures sources. Elles sont profondément lestées par des ambitions qu’il faut bien dire purement commerciales.
Depuis ses débuts, la psychanalyse se bat constamment pour ne pas être englobée, noyée, absorbée et anéantie dans ces innombrables techniques « psy ». La psychanalyse revendique à chaque instant être une discipline à part, qui a sa propre théorie du psychisme et ne se réduit pas à sa ou ses techniques comme la plupart des psychothérapies. Elle a construit une théorie originale du sujet qui la distingue de toutes les autres disciplines du champ « psy » : psychiatrie, psychologie, psychothérapie.
La psychanalyse n’est donc pas plus de la psychothérapie qu’elle n’est de la médecine, de la psychiatrie ou de la psychologie. La psychanalyse ne ressortit que d’elle-même.

 

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Psychanalyse et psychologie (dite clinique)

Psychanalyse et psychologie (dite clinique)

La psychologie, il faudrait dire les psychologies, représente un champ du savoir extrêmement étendu, pratiquement sans limites, au point, parfois d’englober toute action, toute influence d’un sujet sur un autre, voir sur plusieurs autres. La psychologie, c’est l’étude de la relation humaine en tant que telle. La psychologie est devenue une discipline universitaire très encadrée par les pouvoirs publics.
A ce titre la psychanalyse pourrait représenter l’une des nombreuses branches du tronc commun psychologique. Il n’en est rien, parce que dès sa naissance freudienne, la psychanalyse a rompu avec la psychologie, comme elle l’a fait avec la psychiatrie, ou encore les psychothérapies.
La psychanalyse se revendique être une discipline non médicale, mais également non psychologique. Elle est une discipline à part dans le monde « psy ». Et elle défend farouchement sa spécificité que d’aucuns voudraient voir réduite à quelque chose d’autre qu’elle-même. Etre assimilée, à nouveau, au champ de la médecine via la psychiatrie, ou être incluse dans le champ de la psychologie dynamique, clinique, à l’Université.
Il n’y a pas de diplôme de psychanalyste comme il y a un diplôme de médecin, de psychiatre ou de psychologue. Un public, parfois mal intentionné, qui subit des pressions de toutes sortes visant à éliminer la psychanalyse, y voit là une faiblesse et des praticiens auxquels on ne peut faire confiance puisqu’ils ne seraient pas contrôlés par l’Etat. Comme si l’Etat était, en ce domaine, une référence et une garantie de quoi que ce soit.

 

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Psychanalyse et psychiatrie

Psychanalyse et psychiatrie

Sigmund Freud n’était pas psychiatre. Il était médecin, chercheur en neurologie,… Avant que d’inventer la psychanalyse à partir du dire des hystériques et de ses propres rêves racontés dans son transfert à Wilhelm Fliess (1858-1928). Il invente la psychanalyse à partir des névroses. Il ambitionna, pourtant, que la psychanalyse devienne la nouvelle « psychiatrie », qu’elle l’englobe et la remplace. De même pour la psychologie.
Jacques Lacan était psychiatre, pur psychiatre du cadre des hôpitaux psychiatriques. Sa thèse de 1932 fût une thèse de psychiatrie. Il entre dans la psychanalyse par le biais de la psychiatrie et l’étude de la folie (des psychoses).
Pourtant, l’un comme l’autre, et d’autres encore parmi les pionniers, ont toujours insisté pour dire que la psychanalyse et la psychiatrie formaient des champs différents du savoir sur la psyché, mais que, surtout, leurs pratiques différaient, voire s’opposaient sur bien des points. En effet, les abords psychiatrique et psychanalytique de la névrose, de la psychose et de la perversion divergent.
C’est plus clair, aujourd’hui encore, où la psychiatrie est retournée dans le giron de la médecine et que le psychiatre, le médecin psychiatre, pratiquera son art, essentiellement référé aux sciences biomédicales et psychopharmacologiques.

 

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Psychanalyse et médecine

Psychanalyse et médecine

Freud l’avait bien précisé, il y avait insisté… La psychanalyse n’est pas de la médecine. La psychanalyse est une discipline autonome qui n’appartient pas au champ médical. Elle doit rester indépendante de la médecine. Cela n’empêche en rien le psychanalyste d’avoir quelques connaissances de bases, voire plus, en médecine. La médecine est un savoir et une compétence. Le psychanalyste peut acquérir ce savoir, ne serait-ce que partiellement. En aucun cas il ne doit se croire compétent. Lorsque le psychanalyste est médecin, il doit savoir choisir entre la médecine et la psychanalyse. Ne pas jouer sur les deux tableaux,…  Au risque d’être trop médecin, ou pas assez psychanalyste. Trop psychanalyste et pas assez médecin.

 

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Un psychanalyste dans la cité

Un psychanalyste dans la cité

Tout commence ainsi, “faire” sa propre psychanalyse. C’est un faire. Et il faut bien la faire, c’est-à-dire la mener jusqu’à sa fin pour qu’elle ait quelque raison d’être. La pratiquer jusqu’à sa fin, pas seulement son terme. Un terme, on peut le poser volontairement, quand on en décide, donc, trop tôt généralement, et même trop tôt, toujours, en psychanalyse !
Une fin, c’est autre chose. Cette fin, dans une analyse se repère, c’est un bouclage. Elle est là,… ou pas encore là. On ne peut pas en décider à la légère,… c’est plutôt elle qui en décide.
Une psychanalyse peut mener à quelque chose d’inédit pour le sujet, par exemple devenir psychanalyste. Pouvoir un jour se soutenir de cette place de psychanalyste et exercer cette fonction de psychanalyste pour quelques autres… Jamais beaucoup plus, sur toute une vie de psychanalyste.
Et comme Sigmund Freud y a insisté, en psychanalyse, il ne s’agit jamais d’autre chose que de psychanalyse. Pas de médecine, pas de psychiatrie, pas plus de psychologie, de pédagogie ou de sociologie. La psychanalyse est une discipline à part entière, indépendante et non inféodée à quelque autre discipline que ce soit, médicale ou de sciences humaines.
Celui qui exerce, qui pratique la psychanalyse s’appelle “un psychanalyste”, ou “un analyste”. Très tôt, Freud emploie les deux expressions sans en privilégier aucune. On dit toujours pareil, aujourd’hui.
De tout temps, depuis son invention, en 1896 où Freud emploie pour la première fois ce terme de psychoanalyse, la psychanalyse a suscité des rejets, à tout le moins des résistances. Elle disait en quoi consistait l’Homme. Elle disait ce qu’elle entendait des humains allongés sur un divan. Ils parlaient de sexe, de désir, de jouissance, de vie et de mort. Les hommes comme les femmes et même les enfants.
Scandale !
Elle disait, en somme, que le sexuel  - pas le génital -, c’était ce qui trônait au centre de l’Humain. Et que cela avait des conséquences, littéralement, inouïes !
… Et que névroses, psychoses et perversions en procédaient.
Son savoir ne provenait pas des livres, il était issu directement d’une expérience de terrain, il lui arrivait tout droit du divan, par la parole singulière de ce que Lacan appellera les “analysants” (ou “psychanalysants”, voir ci-dessus la racine freudienne de ces appellations).
Le plus dur fût, pour ledit “psychanalyste”, de se faire accepter et reconnaître comme acteur dans la cité. On lui fit toutes sortes de misères, voulant le rabattre, lui et sa méthode, sur le médecin, le psychiatre, voire plus récemment dans l’histoire sur le psychologue ou le psychothérapeute et leurs pratiques reconnues, accréditées, garanties. Et il faut savoir que ce n’est pas fini…
On ne voulut pas accepter d’emblée, malgré ce que Freud énonçait, qu’il puisse, sinon “être”, tout du moins représenter et exercer une fonction à effet thérapeutique individuelle et sociale d’importance, voire même d’utilité publique au sein de la cité. Son indépendance et sa liberté sans contrôle irritaient et irritent toujours encore aujourd’hui.
On voulut ainsi tuer la psychanalyse, par étouffement essentiellement, et en la discréditant scientifiquement. Elle reste une discipline fragile, visée par toutes sortes de personnes ou d’institutions qui lui veulent tant de bien, et risque toujours un jour de disparaître. La psychanalyse est une discipline mortelle. Il faut le savoir.

 

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Un psychanalyste dans la cure

Un psychanalyste dans la cure

La cure, c’est ce que l’on attend d’un psychanalyste. C’est pour cela qu’on le consulte. Pour qu’il engage avec vous votre cure, c’est-à-dire votre psychanalyse.
Pour cela il vous demandera des honoraires. En effet, une cure n’est pas gratuite. Pourquoi, d’ailleurs, le serait-elle ? Quand vous prenez le train, ou même l’autobus, quand vous allez acheter votre pain ou votre beefsteak, ce n’est pas gratuit non plus. De plus votre cure ne sera pas remboursée par la Sécurité sociale, qui ne reconnaît pas ce traitement qu’est une psychanalyse. Remarquez, votre baguette de pain ou votre kilo de tomates ne sont, pas plus que la psychanalyse, remboursés par la Sécurité sociale, ni même par votre mutuelle.
On s’engage dans une psychanalyse, non seulement avec son corps et sa parole, mais aussi avec ses deniers. On ne fait pas régler la note par la collectivité nationale, via la Sécurité sociale.
A Paris, aujourd’hui, une séance de psychanalyse se règle entre quarante et quatre-vingt euros environ. En moyenne, autour de soixante euros. Mais il existe des séances qui ont été “négociées” à dix, vingt ou trente euros, pour des étudiants, par exemple, ou des personnes en grandes difficultés financières que l’on souhaite, néanmoins, passagères.
On y engage aussi de son temps, autant que de celui qui vous écoute. Autre raison pour laquelle on le paye. Et sans savoir, a priori, combien de temps cela durera. Ainsi, on ne prescrit pas cinquante ou cent séances de psychanalyse comme on le ferait pour la kinésithérapie.
Il est faux, voire caricatural, de dire que le psychanalyste est muet, se tait ou fait toujours silence…
S’il laisse parler son analysant le premier, c’est parce que c’est une nécessité de se taire pour ouvrir le champ de la parole à  l’Autre et commencer à, non seulement comme on dit “écouter”, mais mieux, “entendre” ce que ce sujet, venu le consulter, lui adresse, lui demande.

 

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Psychanalyse et féminin

Psychanalyse et féminin

Dans les demandes actuelles de traitement et de soins, on peut aisément percevoir des espoirs analogues à ceux qui ont été suscités dans d’autres domaines par les succès scientifiques et les réalisations technologiques. La demande est une demande de réparer, de reconfigurer, de reformater, en un mot d’améliorer la « machine » humaine, jugée par trop défaillante.
A l’ancien souci légitime de résoudre la souffrance d’un symptôme s’est substituée l’exigence d’éradiquer un trouble. La recherche de la solution d’un problème supposait, psychanalytiquement parlant, la prise en compte d’un manque, alors que tout va aujourd’hui dans le sens logique d’une obligation de résultat : l’adresse de la demande s’est réduite à une revendication de « bonne » santé assurée, et l’attention apportée au frayage de l’inconscient d’un sujet est étouffée par un savoir orthopédique multinormé sur celui-ci.
Comment faire la part, dans les manifestations actuelles, des effets du refoulement et des effets du déni qu’alimente le discours social ? Quel versant du symptôme rapporter à la structure subjective en souffrance, quel versant au discours familial ou à la logique sociale ?
Le refus du féminin, son déni, participe de cette évolution néfaste d’aujourd’hui. La thèse générale s’énonce ainsi : « les femmes, c’est comme les hommes ». Même travail, mêmes sports, y compris les plus violents, mêmes tâches, …que du même. Plus de différence des sexes. D’où un retour du bâton sous diverses formes, par exemple, actuellement, le style « girly ». Girly ou la vraie fille, vêtements, nourriture, façon d’être, façon de se comporter girly, accessoires particuliers très girly, sex toys rose bonbon girly, petits plats, gâteaux, couleur rose partout, de l’entre-filles et pour les filles, quoi ! Etc. Comme si on savait d’avance ce qu’est une fille ! Une fille, c’est rose, un garçon, c’est bleu. Comme si on décrétait que le fémininc’était ça ! Girly ! Point barre !
La « girly connection » est quelque chose que le commerce, le marketing, s’est aujourd’hui approprié afin de parler d’un féminin qui ne se réduirait qu’à de la féminité du moment, de l’instant, par le biais de l’objet (que Jacques Lacan appelle petit a). Ce qui nous fait reprendre la considération du féminin comme autre chose, autre chose même qu’une figure de l’objet (toujours celui que Jacques Lacan appelle petit a). Car le féminin, ne réside pas seulement que du côté pulsionnellement consommable de l’objet, point de rencontre avec les ruses des rusés renards du commerce qui exploitent la dimension imaginaire de l’objet. Si le féminin a bien une dimension imaginaire qui s’appelle la féminité, le féminina une autre dimension, plus fondamentale, qui se situe du côté du réel. Sinon, comment pourrait-on parler d’une façon pertinente d’un homme féminin, ou du féminin d’un homme… ?

 

Publié dans Non classé | Commentaires fermés