Du féminin des deux sexes

Parlons ici un peu du féminin, ou plutôt « autour du féminin »… Autour…Au tour (en deux mots). Au trou, aussi, anagrammatiquement… Le féminin, c’est ce qui fait trou. Trou dans la Culture, trou dans la Civilisation, trou dans le corps, trou dans la tête, trou dans la langue, trou dans l’amour. Mais le féminin, je vous l’annonce, aussi incroyable, aussi stupéfiant que cela puisse vous paraître, aussi insoupçonné aussi, je vous le dis comme cela, … le féminin, c’est un nom du transfert, un nom, encore plus précisément, un nom de la dimension réelle du transfert. Un nom, en somme du Réel dans le transfert. En lieu et place de dire « la dimension réelle du transfert », l’on pourrait dire, désormais, et tout simplement : « le féminin » ! Car c’est lui qui est derrière cette question du réel, et plus précisément du réel de transfert. Le féminin ! Continuer la lecture

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Psychiatre « versus » psychanalyste

Un psychiatre est un médecin qui a fait une spécialité médicale qui s’appelle la psychiatrie (4 années d’internat): son acte est un acte médical (c’est-à-dire remboursable par la SS car répertorié au Code de la Santé Publique), qu’il prescrive des psychotropes ou qu’il pratique des séances de psychothérapies.
Un psychanalyste est une personne qui, ayant poussé son analyse personnelle jusqu’à sa fin, est passée du divan (de l’analysant) au fauteuil (de l’analyste). Ainsi après avoir été (complètement) analysé, il peut prétendre analyser un autre à son tour. Mais il lui faut, en outre, c’est plus raisonnable, s’inscrire dans un école ou une institution d’analystes afin de travailler avec ses pairs, réfléchir à la théorie, parler individuellement et collectivement de sa propre pratique, y être reconnu.
Un psychiatre peut donc devenir psychanalyste (il ne l’est pas « naturellement » en tant que psychiatre), un psychologue de même, mais, théoriquement, toute personne, pas nécessairement médecin ou psychologue diplômés.
Et ce, depuis Freud
L’acte psychanalytique (la séance) n’est pas un acte médical. Il ne doit (devrait) ainsi pas être remboursé.

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La révolution freudienne

La révolution freudienne

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L’Hôpital Général : – Une expérience publique de la psychanalyse

Au séminaire de Françoise Meyer et Pierre Gorce intitulé « L’institution dans tous ses états », j’ai discuterai le 23 janvier 2014 de la pertinence de la double question suivante : quelles place et fonction pour un psychanalyste à l’hôpital général, aujourd’hui?

La psychanalyse est-elle une pratique qui n’a cours que dans la cure? Le psychanalyste, l’est-il encore, en dehors de son cabinet?

La psychanalyse est une invention de méthode pour atteindre un certain niveau d’appréhension du réel humain. La méthode psychanalytique est transportable hors des conditions de la pratique du cabinet ; le psychanalyste est cette méthode même, en acte. Car si le psychanalyste se transporte en un autre lieu -ici l’hôpital général-, il transporte dans le même mouvement la psychanalyse comme méthode. Ainsi la question se reporte-t-elle sur le psychanalyste.

L’hôpital général, une expérience publique de la psychanalyse

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Je suis un psychanalyste français

Je suis un psychanalyste français, ce qui veut dire que ma langue, que l’on appelle maternelle, est le français.

J’ai, à peu près, aujourd’hui, quarante d’années d’expérience de cette praxis originale que Sigmund Freud a inventée sous le nom de psychanalyse, comme psychanalysant, contrôlé, puis psychanalyste et contrôleur moi-même. J’approche les soixante-dix ans.

Ma légitimité, – question cruciale en notre métier où l’université médicale ou de sciences humaines ne peut répondre par la délivrance de ses diplômes qui, en notre domaine disciplinaire, ne garantiraient à peu près rien, seraient-ils nationaux -, je la tiens de pouvoir, parmi mes pairs et à la suite de mes maîtres, me compter.

J’appartiens à la cinquième génération des psychanalystes dans le monde depuis Freud. Je peux ainsi décliner ma filiation  : Freud (0) eut, parmi ses premiers élèves, Hanns Sachs (1), qui analysa Rudolph Loewenstein (2), lequel fut l’analyste de Lacan (3). Ce dernier aura, parmi ses premiers élèves, Serge Leclaire (4). « Le premier psychanalyste lacanien », selon Elisabeth Roudinesco[1]. Je suis l’un des élèves de Leclaire, j’appartiens donc aussi à la deuxième génération des lacaniens. Ayant suivi l’enseignement de Lacan vivant, ce qui s’appelait son Séminaire, ayant pratiqué et m’étant déclaré praticien à son école du 69, rue Claude Bernard à Paris, je peux me dire disciple de Lacan, membre de son école et élève de Leclaire. Je ne suis donc pas un enfant illégitime du lignage freudien et de la psychanalyse. Freudien, je suis un lacanien.-

Aujourd’hui, et depuis un certain nombre d’années déjà, je m’aperçois que je dispense une sorte de « formation » à quelques-uns de mes analysés ou de mes contrôlés, formation dont je ne me suis pas tout de suite aperçu moi-même, mais dont j’ai fini par être averti par ceux-là mêmes qui m’en témoignaient quelque chose, parfois à leur insu. Une transmission ainsi s’effectue, je me dois de le constater, pour ceux qui viennent, à mon cabinet, me demander une analyse ou un contrôle, et spécialement quand ils prennent soin d’en pousser, avec un certain courage, ce qui n’est pas donné à tout le monde, jusqu’à son terme ladite effectuation. Alors, mais alors seulement, ils rencontrent, lacaniennement, que l’analyste ne s’autorise que de lui-même.


[1] Elisabeth Roudinesco, Histoire de la psychanalyse en France, 2 tomes, Seuil, 1986.

 

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Rompre le médecin à la relation

Les très significatives réponses des généralistes aux questionnaires réitérés depuis belle lurette, par exemple parmi d’autres, celui, déjà ancien, du « Quotidien du Médecin » (numéro du 7 mars 1995), et les articles nombreux qui régulièrement soulèvent cette question, indiquent l’extrême nécessité, quoi qu’on dise, de rompre le médecin à la relation avec son patient.

Le savoir scientifique et le savoir-faire technique, conditions sine qua non de la compétence médicale, ne suffisent pas plus à faire le médecin, qu’à prendre soin de l’homme souffrant. La formation à la relation médecin-malade-maladie (et non pas seulement médecin-malade) devrait être reconsidérée dans ses exigences spécifiques. Elle n’est pas fondée sur l’intersubjectivité, mais au contraire sur son absence. C’est précisément cette absence et ce qui vient à sa place – tout ce qu’imagine le médecin de « son » malade, et tout ce qu’imagine le malade de « son » médecin -, qui mène le jeu de ladite  « relation ». Cette relation se spécifie d’un lien particulier où le médecin a à se repérer. A quelle place met-il son malade ? A quelle place le malade le met-il et de quelle place lui répond-il ? Pourquoi répond-il ainsi à celui-ci et pas à celui-là à propos d’une même situation pathologique ? A son insu le médecin s’implique subjectivement plus qu’il ne le pense et plus qu’il n’est souvent prêt à l’admettre. Et cela s’appelle le transfert.

C’est cette implication transférentielle qui peut faire l’objet d’un travail de prévention, un travail de repérage en petit groupe. Il permet, à partir de cas personnels apportés et discutés par les participants, sous le sceau du secret, de cerner, de serrer au plus près toutes les dimensions de la question, et ainsi de prendre en compte les effets transférentiels au sein desquels les place leur pratique médicale. Un effet d’enseignement s’en recueille qui bénéficie à chacun dans sa pratique professionnelle, mais aussi dans toute sa vie relationnelle. Quand on veut guérir, il faut aussi prévenir.

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L’hystérie existe…

L’hystérie existe, car elle a plus d’un tour dans son sac, jusqu’à aveugler ceux qui pensent l’avoir définitivement cernée et réduite à ses symptômes que l’on nous feraient prendre aujourd’hui pour des maladies, maladies « nouvelles », bien sûr, et autonomes, car seule la nouveauté, même si elle est fausse, est réputée relancer le désir du public avide de voir comment la science peut enfin venir à bout de tout, de l’hystérie y compris.

Non, l’hystérie est suffisamment « plastique » pour traverser les siècles et faire la nique à n’importe qui aujourd’hui, ceux qu’on appelle les « psy », tout spécialement !

Et ce n’est pas d’hier !

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Femmes en prostitution, une approche psychanalytique

Conférence donnée à l’association « Aux captifs la libération », le 25 mai 2013

Une approche psychanalytique

La prostitution féminine, c’est l’absence d’un amour présent dans le réel. La prostituée n’entre pas, pour elle-même, dans la délicieuse tromperie de l’amour. L’amour, c’est ce qu’elle refuse et pourtant c’est ce dont elle souffre au plus haut point. Mais, il ne doit s’agir que de sexe tarifé, d’un échange marchand. Exit l’ombre même de l’amour. L’amour est un danger mortel. La femme prostituée piège le fantasme de l’homme dans le sien propre,…contre de l’argent. Elle ne se considère comme femme que, parce qu’anatomiquement elle est une femme. En réifiant son corps, elle fait croire qu’il n’y a pas de mur entre l’homme et la femme, qu’une femme, elle en l’occurrence, est devenue accessible, atteignable par un homme, lui, le client. Et que le rapport sexuel, le rapport entre les sexes existe, puisque que le coït est accepté. Qu’il lui suffit, à lui, de payer son prix. Mais où est donc la prostituée en tant que femme,…qui plus est, sujet femme ? Continuer la lecture

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A nouveau mortelle…

Depuis ce brûlot que fut la publication de ce texte, Die Frage der Laienanalyse (1926), – La Question de l’analyse profane -, la psychanalyse, nommée par Freud psychoanalyse dès 1896 comme une discipline scientifique spécifique et autonome, aura mis plus de trois quarts de siècle à se faire publiquement accrocher par sa question sociale et politique, laquelle peut s’énoncer ainsi : << la psychanalyse : pour quoi, pour qui, par qui et comment ?>>. Il faut dire qu’elle n’aura jamais été trop aidé en ce sens par ses psychanalystes mêmes, plus enclins à se déchirer et promouvoir le « narcissisme de la petite différence>> qu’à se rassembler pour mieux se définir.

De cette question, elle ne pourra, sans doute, désormais plus faire l’économie, sinon, ni plus ni moins, au risque de sa disparition. A tout le moins de sa noyade dans le varié marécage des psychothérapies, et son exclusion au titre de sa soi-disante obsolescence du champ de la psychiatrie bio-médicalisée et cognitivo-comportementalisée. Une psychiatrie, qui plus est, dans sa majorité, épouse le DSM V avec la bénédiction des instances officielles de l’Etat.

Oui, la psychanalyse pourrait bien se révéler être une discipline mortelle…

Mais, selon la remarque, tardive, de Lacan, qu’il faut certainement être sacrément mordu par Freud pour entreprendre une analyse et devenir psychanalyste, la psychanalyse, aujourd’hui encore, mord-elle ?

Si oui, sur quoi et qui ? Mais aussi et surtout, à quelles conditions sa morsure risque à nouveau d’entamer demain encore ce monde ?

La psychanalyse est une pratique particulière du transfert qui, chose curieuse, produit des effets. Des effets de sujet. Ce qui n’est pas, comme on peut s’en douter, sans conséquences pour ce monde, lui-même virant déjà par endroits à l’immonde.

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Trois conférences de printemps : DU PSYCHANALYSTE

PRINTEMPS 2013

Première conférence de printemps_Der psychoanalytiker, le psychanalyste chez Freud

Deuxième conférence de printemps_Objet petit a et sujet supposé savoir, le psychanalyste avec Lacan

Troisième conférence de printemps_Du psychanalyste aujourd’hui, un signifiant honteux

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